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Une très belle conférence de la Société internationale Simone de Beauvoir à Cagliari, Sardaigne: des intervenants des différents continents et un hommage à l’artiste-peintre Hélène de Beauvoir pour le centième anniversaire de sa naissance

6 Juillet

2010

J’ai été invitée à intervenir à la 18 ème Conférence internationale de la Société Simone de Beauvoir intitulée « Simone de Beauvoir, hier, aujourd’hui et demain ». Celle-ci s’est tenue dans le très beau cadre de Cagliari, en Sardaigne du 22 au 26 juin dernier. Elle était organisée grâce au concours du Dr Andrea Duranti et du Dr Matteo Tuveri, deux éminents spécialistes italiens de Simone de Beauvoir. Étaient présents des universitaires des différents continents: Norvège, Suède, Canada, États-Unis, Grande-Bretagne, France, Italie, Grèce, Espagne, Hongrie, Irlande, Argentine, Allemagne, Australie, Afrique du Sud, Turquie, Slovénie et Brésil.

  La présidente de la Société Simone de Beauvoir, la professeure. Yolanda Astarita Patterson, a ouvert la conférence en rappelant l’importance qu’avait représentée l’Italie pour l’auteure du Deuxème Sexe, ses nombreux séjours l’été à Rome avec Sartre, ses voyages et ses nombreux contacts avec les intellectuels italiens

  Les premières sessions ont porté sur la notion de temporalité et les aspects philosophiques de son œuvre. Annlaug Bjørsnøs (Université de Trondheim, Norvège) a évoqué le concept de temporalité, Triantafyllia Kadoglou (Université de Macédoine, Grèce) a présenté les diverses manifestations du non-dit significatif chez Simone de Beauvoir. Liva Bodil Kalvik (Université de Bergen, Norvège) a exposé le devenir féminin dans le personnage d’Anne des Mandarins. Skye Cleary (Université Macquarie, Australie) a évoqué Simone de Beauvoir aujourd’hui et la notion d’amour existentiel. Johanna Sjöstedt (Université de Göteborg, Suède) a traité le concept de l’action dans la philosophie de Simone de Beauvoir. Delphine Nicolas-Pierre (Université Sorbonne-Paris IV, France) a enfin conclu par une présentation de l‘ethos de l’écrivain chez Simone de Beauvoir avec ses ambiguïtés et sa contextualisation.

  Les sessions suivantes ont porté sur la réception du Deuxième Sexe sur trois continents. Présidée par Liliane Lazar, secrétaire générale de la Société Simone de Beauvoir et professeure à l’université Hofstra aux Etats-Unis, Céline Leon (Grove City Collège, USA) a rappelé la réception américaine du Deuxième Sexe, paru pour la première fois (en 1953). Maria Menegaki & Loukia Efthymiou (Université d’Athènes, Grèce) ont témoigné de la réception de l’œuvre de Simone de Beauvoir en Grèce. Maria Isabel Corbi Saez (Université d’ Alicante, Espagne) a évoqué la critique universitaire espagnole de cet essai. Lors d’une autre session, présidée par Maria Corona Corrias (Université de Cagliari, Italie), Mimoza Pachuku (Central European University, Hongrie) a exposé les implications du genre dans Le Deuxième Sexe. Gloria Sardara (chercheuse indépendante italienne) a présenté en italien une lecture sur la liberté et la réciprocité dans l’essai de Simone de Beauvoir.

  Des hommages à la cinéaste Carole Roussopoulos disparue cette année et à l’artiste-peintre Hélène de Beauvoir pour le centième anniversaire de sa naissance. Cette conférence prenait aussi un relief tout particulier puisque nous célébrions également le 100ème anniversaire de la naissance de l’artiste-peintre Hélène de Beauvoir, sœur de Simone de Beauvoir. Hélène avait vécu avec son mari le diplomate Lionel de Roulet huit ans à Milan où celui-ci était directeur de l’Institut culturel français. Hélène de Beauvoir a laissé de nombreux tableaux sur l’Italie dont une série sur Venise très connue.

  Le soir de la première journée un hommage a été rendu à la cinéaste Carole Roussopoulos, trop tôt disparue. Son film “Des fleurs pour Simone de Beauvoir” (France, 2007), a été présenté par Elisabeth Euvrard, vice-présidente de l’Alliance Française de Cagliari. Grâce à Carole Roussopoulos, nous disposons d’archives historiques sur l’histoire de la lutte pour les droits des femmes dans les années 1970-1980. J’y ai retrouvé l’ambiance, l’énergie que nous avons déployées dans nos combats, ainsi bien sûr que Simone de Beauvoir, très bien filmée. Ensuite nous avons évoqué la mémoire d’Hélène de Beauvoir, qui a laissé une œuvre considérable composée de tableaux peints en Italie, mais aussi dans les autres pays où elle a vécu avec son mari.

 

  La professeure Yolanda Astarita Patterson, présidente de la Société Simone de Beauvoir, a rappelé son amitié avec Hélène et Lionel et a montré des passages d’une vidéo qu’elle a tourné dans l’atelier d’Hélène. Pour ma part j’ai raconté les vingt-cinq années d’amitié ensemble. Pendant de nombreuses années Hélène de Beauvoir a habité chez moi, à Montparnasse, près de chez sa sœur, lorsqu’elle se rendait à Paris. Je l’ai vue peindre des tableaux et gravures représentant les thèmes chers à nos combats comme la défense de l’environnement et la cause des femmes puisque Hélène de Beauvoir a été active avec nous pour les droits des femmes. J’ai également présenté une série de photos de mon album privé concernant Hélène et son mari Lionel de Roulet. Mon ouvrage, Les Sœurs Beauvoir, qui témoigne de la relation entre Simone de Beauvoir et sa sœur, a été mentionné par des participants à la conférence. Celui-ci est en effet traduit en plusieurs langues, dont l’italien.

Je vous raconterai dans les prochains jours la suite de cette conférence très réussie.

 CLAUDINE MONTEIL

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