Portraits de femmes artisans

Portraits de femmes artisans

dans “Simone de Beauvoir et les femmes aujourd’hui”

Editions Odile Jacob

Donner de la force et des outils aux femmes du XXIème siècle

Comment vivent les femmes artisans, si nombreuses en France et de par le monde ? J’ai eu envie de les rencontrer, de les écouter. Elles m’ont raconté leur parcours, les embûches, les joies et réalisations, les défis à relever, leurs espoirs et inquiétudes, les exemples et recommandations.

 

Christine, charcutière à Carhaix-Plouguer

 

 Christine, charcutière à Carhaix-Plouguer, la ville bretonne du festival des Vieilles Charrues, au cœur du Finistère, me raconte les aventures de son métier, dur, debout dans le froid et avec de longues heures, dangereux parfois avec des couteaux lourds qu’il faut manier tout en répondant aux clients. Avec son mari elle se lance des défis. Tous deux gagnent des concours à travers la France pour leurs réalisations (pâtés, etc.) qui remportent un grand succès dans leur charcuterie réputée dans la région. Christine explique comment elle s’est toujours battue pour être payée et déclarée, et son dynamisme impressionne. C’est grâce à des femmes comme elle que la France peut encore proposer des produits du terroir, et elle raconte avec chaleur les avancées qu’elle peut espérer dans son métier et la solidarité qu’elle a rencontré avec d’autres femmes de son métier.


Isabelle, tapissier d’ameublement à Douarnenez

 

  Isabelle C, à Douarnenez, elle aussi, a trouvé sa voie en dépit d’un parcours semé d’obstacles dû au machisme insidieux rencontré dans les écoles sur son chemin. Elle les a surmontés. Aujourd’hui, elle vit à Douarnenez, ville portuaire de Bretagne, qui connut jadis des grèves très dures, avec les usines de sardines où travaillèrent dans des conditions difficiles tant de femmes. Après des métiers divers, elle a sollicité des formations et réussi à apprendre son métier en effectuant des stages au château de Versailles puis au musée du Louvre, seule femme parmi des hommes. Là, dans les sous-sols du Louvre, elle découvre sa voie. Tapissier d’ameublement est un métier très vivant: « On a le fauteuil entre les jambes, on travaille du crin, du palmier végétal, on accomplit un travail précis et minutieux. Il faut bien le préparer… et peu à peu la chaise prend vie. » Son imagination est fertile : « Je me suis dit, tu n’es pas d’une famille de tapissiers, il faut donc que tu inventes. » Ses créations figurent dans le musée de Douarnenez.

  Aujourd’hui, très impliquée dans sa région, elle est présidente d’un syndicat régional d’artisans et est en train de restructurer la filière de métiers d’arts dans le Finistère. Elle raconte ses aventures, les obstacles et les bonheurs de son travail alliés à une volonté de fer : « L’avenir, je ne l’attends pas, je le construis. » Son parcours représente un exemple et un encouragement pour les femmes.

  Dans les prochains jours, je vous présenterai d’autres portraits figurant dans mon ouvrage.


 CLAUDINE MONTEIL