Rencontre avec Simone et Hélène de Beauvoir

Outre leurs actions en commun pour les droits des femmes auxquelles participent également l’avocate Maître Gisèle Halimi, l’actrice Delphine Seyrig, la romancière Monique Wittig, Anne Zelensky, Liliane Kandel membre du Comité des Temps Modernes, Maryse Lapergue, Marie-Joe Bonnet, Annie S. et d’autres, Simone de Beauvoir présente à Claudine Monteil sa sœur, l’artiste peintre Hélène de Beauvoir, qui tient à rejoindre le mouvement féministe.

"Les femmes souffrent, les femmes les jugent"

Une amitié forte s’en suit. Celle-ci durera jusqu’à la disparition de l’artiste en 2001, vingt-six ans plus tard. Hélène de Beauvoir laisse une œuvre de plusieurs centaines de tableaux, gravures sur burins, et aquarelles. Ses toiles furent exposées dans de nombreux pays dont les Etats-Unis, le Japon, l’Allemagne, l’Italie et la France. (Voir passage concernant la chronologie de ses expositions et le site sur Helene de Beauvoir.com présenté par la galerie de peintures Hammer de Regensburg, en Allemagne, où figurent des reproductions de ses œuvres).

Très en avance sur les préoccupations de son époque en matière d’environnement et de développement durable, Hélène de Beauvoir s’inquiète de l’avenir de la planète. Ses tableaux mettent en scène les femmes aux prises avec la société mais aussi avec la nature végétale ou animale et la destruction de la planète.

Ses toiles offrent aussi un regard original sur les pays où elle vécut avec Lionel de Roulet, son mari, ancien étudiant de Sartre au lycée du Havre puis attaché culturel: Le Portugal pendant la deuxième guerre mondiale, l’Autriche sous le contrôle allié en 1945 en pleine misère, la Yougoslavie de Tito, le Maroc et enfin l’Italie, Milan lors de la glorieuse époque de La Callas.

Ses peintures, aquarelles et burins présentent les paysages, les vies des populations d’alors, et la condition féminine dans des contextes culturels et politiques différents. Avec l’aide du galeriste Ludwig Hammer, ces toiles continuent d’être exposées.

Hélène de Beauvoir et Lionel de Roulet s’installent dans les années 1970 le village de Goxwiller près de Strasbourg. Lorsqu’Hélène se rend à Paris, elle s’installe dans l’appartement de Monteil, sur la Rive Gauche de la Seine, à Montparnasse. Simone de Beauvoir y vient en voisine tenir des réunions et rendre visite à sa sœur. Hélène séjourne chez Claudine Monteil lors du décès de Sartre, en avril 1980. Elle la retrouve dans les mêmes conditions en 1986 lors de la disparition de Simone.

Pour les obsèques de Simone de Beauvoir, Claudine Monteil publie deux articles le même jour dans le quotidien Le Monde: une nécrologie portant sur la vie et l’œuvre de Simone de Beauvoir (intitulée « un devoir pour les femmes : vivre ») et un entretien avec Hélène de Beauvoir concernant sa sœur. En 2003 Claudine Monteil rend hommage aux deux sœurs en publiant Les Sœurs Beauvoir, Editions 1/Calmann-Levy, traduit dans plusieurs langues.

En 1974 Monteil rencontre à Paris la féministe américaine Carol Downer qui milite pour que les femmes s’autorisent une meilleure connaissance de leur propre corps. A l’époque très peu d’études étaient menées sur le cancer du sein ou sur d’autres maladies féminines. Monteil s’engage à ses côtés. Entre 1975 et 1979 elle séjourne, l’été, comme bénévole au Centre Féministe de Santé des Femmes (Feminist Women’s Health Center) de Los Angeles, alors dirigé par Carol Downer. Elle participe aux recherches et découvertes qui permettent aux femmes de s’examiner elles-mêmes et de mieux se connaître. Claudine Monteil rapporte cette expérience aux féministes françaises et aux sœurs Beauvoir, très intéressées par cet exemple venu d’outre Atlantique.

Hélène de Beauvoir accompagne Claudine Monteil à Los Angeles en 1979 afin d’appuyer ces cliniques féministes désormais ouvertes dans plusieurs villes des Etats-Unis : celles-ci offrent des services à des tarifs peu onéreux sur les questions de contraception, d’interruption volontaire de grossesse, de soin gynécologique, d’insémination artificielle et d’éducation sexuelle. Ces cliniques deviennent la cible de groupes anti-avortements, souvent violents : invasions, attaques chimiques, bombes se succèdent.

 CLAUDINE MONTEIL

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